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C.V.
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Dans "Allah m'a tuer"
Jean Cornil |
Le surlendemain Le surlendemain . J'arrive à Heatrow avec trois heures de retard suite aux mesures de sécurité . Plus un canif ne passe les contrôles . J'ai raté ma correspondance pour Bruxelles . J'ère des heures dans l'aérogare . « The War » titre la presse anglo-saxonne . Tout le monde ou presque est plongé dans son journal . Rien n'est plus vieux que le journal d'hier a écrit Paul Valéry . J'achète quand même le Monde daté de la veille . Treize pages d'analyses et de commentaires . Je m'étonne des rumeurs les plus incroyables qui ont circulé partout le mardi après-midi . Je frissonne à la lecture des derniers appels par portable des passagers à leurs familles . Je reste longuement figé à regarder la photo de ce couple qui saute dans le vide la main dans la main . J'arrive à la page des commentaires . Nous sommes tous des américains affirme un éditorisaliste de New-York . Je ne suis pas un américain . Belge de nationalité mais avant tout citoyen du monde . Et plus proche de ces militants noirs admirables que de l'américain moyen , du moins tel que je me l'imagine avec une évidente mauvaise foi idéologique . Et si j'étais un américain , je serais aussi un enfant soudanais épuisé de famine une femme irakienne victime de l'embargo , un disparu chilien torturé par une armée si servile au Département d'Etat . Le ressac de la mémoire me conduit soudainement à reprendre tout le fil du film « Couvre-feu » avec Denzel Washington et Bruce Willis . Je n'ai pas lu Tom Clancy dont on loue tant aujourd'hui les écrits prophétiques . L'imaginaire se nourrit de ce qu'il peut . En vrac et en désordre . L'ambiguité absolue des services secrets américains dans le long métrage . Les manipulations . La violence de la foi . La détermination absolue d'un homme blessé . La vie meurt , pas le chagrin . La patrie est un campement dans le désert . Il est si dur de lutter contre les représentations d'Hollywood . Tout se brouille parfois . Se rappeler sans cesse l'écriteau de la porte de David à Jérusalem : Salààm , Shalom , Welcome . Revoir au plus vite « Le destin » de Youssef Chahine pour équilibrer les émotions . Et retrouver l'esthétique . |
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